Il y a trois ans, j’ai accepté de rédiger des fiches pour un annuaire local de praticiens. Je pensais que ce serait simple : un nom, une spécialité, une adresse, deux lignes de présentation. J’ai tenu onze jours avant de comprendre que je n’avais rien compris.
Une fiche de médecin, ça ne se bâcle pas. Le lecteur qui arrive dessus est souvent inquiet, pressé, ou les deux. Il cherche un cardiologue à Marseille un mardi soir parce que son père a fait un malaise. Ce que je devais produire n’était pas une jolie phrase : c’était une information fiable, lisible en quinze secondes, susceptible d’orienter quelqu’un vers le bon interlocuteur. C’est là que j’ai commencé à consulter régulièrement medecine-marseille.fr, moins comme lecteur curieux que comme rédacteur qui cherchait à comprendre comment d’autres structuraient le sujet.
Un annuaire, ça vit ou ça meurt
La plupart des annuaires généralistes dépérissent pour une raison bête : personne ne les met à jour. Une adresse qui change, un praticien qui part à la retraite, un numéro de fax qui n’existe plus depuis 2019. Vous avez déjà appelé un cabinet pour tomber sur une ligne attribuée à quelqu’un d’autre ? Moi, deux fois. La deuxième, j’ai raccroché en jurant.
Ce qu’on appelle « référencement » dans ce milieu recouvre une réalité assez ingrate : c’est d’abord du travail de vérification. On récupère une donnée, on la confronte à une source, on note la date. Le reste, les balises, les titres, la structure HTML, vient après. Un annuaire santé mal tenu, c’est un annuaire qui perd ses visiteurs au bout de six mois. Aucune astuce SEO ne rattrape ça.
J’ai fait le compte sur un ancien projet : 1 340 fiches publiées, 412 obsolètes au bout d’un an. Un tiers.
Ce que la rédaction santé m’a appris sur la rédaction tout court
Écrire pour un site médical oblige à une discipline que le blogging généraliste n’impose jamais. Interdiction d’improviser une posologie. Interdiction de reprendre une information sans en vérifier la source. Interdiction, aussi, de noyer le lecteur sous des précautions oratoires : quelqu’un qui cherche un dermatologue n’a pas besoin de trois paragraphes d’introduction.
Cette contrainte m’a servi ailleurs. Quand je rédige aujourd’hui des annonces thématiques pour d’autres secteurs, je garde le même réflexe : qui lit, dans quelle situation, pour décider quoi ?
Un texte qui ne répond pas à ces trois questions est un texte mort.
Cela dit, je ne crois pas une seconde à la théorie du « contenu parfait ». J’ai vu des fiches impeccables, bien écrites, structurées, sourcées, ne générer aucun contact pendant huit mois. Et j’ai vu une notice bâclée, avec une faute au milieu, ramener quinze appels en une semaine parce que le praticien en question avait une vraie réputation locale et que sa patientèle le cherchait par son nom. Le contenu compte, mais il ne compense pas l’absence de notoriété. Dire l’inverse serait vendre du rêve.

Annonces thématiques : la même logique, appliquée autrement
Sur une plateforme d’annonces, la fiche produit ou la fiche service joue exactement le rôle de la fiche praticien. Elle doit être trouvable, compréhensible, et honnête. Je vois trop souvent des annonces gonflées à l’adjectif : « exceptionnel », « unique », « rare ». Ces mots ne veulent rien dire pour un moteur de recherche et encore moins pour un humain.
Ce qui fonctionne ressemble davantage à une description de poste qu’à un slogan. Qu’est-ce qu’on propose. À qui. Dans quelles conditions. Combien de temps. Avec quelles limites.
- Un titre qui reprend ce que les gens tapent réellement dans la barre de recherche, pas ce qui fait joli.
- Le détail concret : superficie, délai, zone couverte, matériel utilisé.
- Les restrictions, écrites noir sur blanc, parce qu’elles évitent les malentendus après le premier contact.
- Une coordonnée vérifiable, mise à jour au moins une fois par trimestre.
Rien de spectaculaire. C’est précisément ce qui marche.
La question que je me pose avant de publier
Est-ce que cette fiche serait encore utile dans un an ? Si la réponse est non, je la retravaille. Une fiche santé dont l’information périme en trois mois n’a aucune raison d’être indexée. Une annonce dont l’offre expire dans deux semaines doit le dire clairement, sinon elle pollue les résultats et elle énerve tout le monde.
Le référencement, dans ce contexte, ne consiste pas à grimper dans une liste. Il consiste à rester trouvable pour la personne qui a besoin de vous, au moment où elle en a besoin. Le reste, honnêtement, c’est de la décoration.

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